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Renault demande à baisser ses cotisations sociales alors que les arrêts pour burnout augmentent
Publié le 27 juin 2026 à 17h54 - Mis à jour le 27 juin 2026 à 19h41
Comme chaque année, la direction a demandé aux élus du personnel de l’établissement Renault Ile-de-France de se prononcer sur sa demande de réduction de ses taux de cotisation à la Sécurité sociale. Un comble alors que sa politique entraine une hausse des burnouts et des accidents de trajet.
Comité Social et Économique Renault Ile-de-France du 25 juin 2026 : Information Consultation sur les dossiers relatifs au projet de demande de ristourne CRAMIF [1] sur le taux de cotisation accident de trajet.
Déclaration SUD
Cette année nous sont présentés les dossiers de demande de ristourne CRAMIF pour les sites de Guyancourt, Lardy, Le Plessis-Robinson, Boulogne et VSF. Le but pour RENAULT est d’obtenir des réductions sur ses cotisations AT/MP [2] en fonction des mesures de prévention mises en place.
Il s’agit d’un ensemble de mesures susceptibles de diminuer la fréquence et la gravité des accidents du travail et accidents de trajet. Comme chaque année, on y trouve un melting-pot de mesures légales (participation aux frais de transports), d’actions qui paraissent tout-à-fait normales de la part d’un employeur qui a le devoir de préserver la santé et la sécurité de ses employé·e·s et de mesurettes destinées à étoffer les dossiers.
Avec la fermeture d’une partie des bâtiments du Plessis-Robinson, la fermeture du site de VSF qui vient d’être annoncée, RENAULT « met sur les routes » des salarié·e·s qui ont ou vont augmenter leurs temps de trajet en voiture, ce qui va à l’encontre de la réduction des risques routiers.
De même, la réduction des jours de télétravail fixes a pour conséquence une augmentation des trajets routiers pour beaucoup de salarié·e·s.
Ces fermetures de sites augmentent les risques psycho-sociaux occasionnés par les bouleversements de vies, les heures de transport supplémentaires, les désorganisations familiales, etc. Pour reprendre les termes de la déclaration des salarié·e·s de VSF, « vous imposez un bouleversement majeur dans la vie des salariés, sans leur donner les garanties nécessaires, sans reconnaissance suffisante, sans respect réel de leurs contraintes. »
Tou·te·s les salarié·e·s des nombreuses sociétés de prestation qui – soit dit en passant, réalisent souvent les tâches les plus accidentogènes dans nos établissements d’Ile de France - seront impactés de la même manière, avec des conséquences pouvant être encore plus anxiogènes (rupture de contrat par exemple).
La ristourne CRAMIF se présente, à l’instar des autres subventions ou crédit d’impôts, comme une opportunité d’économie. SUD le répète, outre les points relatifs aux transports en commun dont RENAULT n’a pas à s’attribuer la paternité, beaucoup des actions décrites dans ces cinq documents sont tout-à-fait normales de la part d’un employeur. Ainsi, nous n’admettons pas que RENAULT s’appuie sur ces actions pour réduire sa contribution aux caisses régionales de l’assurance maladie. Cela engendre un manque à gagner pour la Sécurité Sociale que l’on retrouvera finalement sur les autres cotisations ou sur la baisse des prestations.
SUD ajoute que le peu de réactivité de la direction face aux nombreux cas de management toxique et leurs conséquences qui lui sont remontés, ainsi que la contestation systématique des AT déclarés suite à RPS [3], burnouts et autres situations de détresse psychique liées aux conditions de travail impactent les dépenses sociales. Ce du fait de la prise en charge des soins pour ces personnes.
Même si bénéficier de la ristourne CRAMIF est « un droit », SUD trouve inadmissible qu’une entreprise du CAC 40 qui engrange des bénéfices considérables se permette encore de grappiller des réductions du taux de cotisation d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Nous considérons que c’est « faire les poches » des organismes sociaux de la communauté au profit de la marge opérationnelle et donc des actionnaires.
Les élus SUD voteront contre la demande de ristourne CRAMIF.
Notes
[1] CRAMIF : Caisse Régionale d’Assurance Maladie d’Ile-de-France.
[2] AT : Accidents de Travail ; MP : Maladie Professionnelle.
[3] RPS : Risques PsychoSociaux.




