Si tu veux noyer le poisson, mets en place une commission

Publié le 7 mai 2020 par sud tcr

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Lisez et faites lire le premier tract SUD du déconfinement ! Et bon courage à tous les salariés Renault et prestataires qui reviennent sur site à partir du 11 mai ou qui sont revenus les semaines précédentes. Avec mention spéciale à celles et ceux qui n’ont jamais cessé de venir.


Commission de reprise sanitaire à Guyancourt :

Si tu veux noyer le poisson, mets en place une commission !

L’accord de crise instituant les conditions d’un chômage partiel prévoit la mise en place dans chaque établissement d’une commission de préparation sanitaire à la reprise.

Composée de la direction, du service des conditions de travail, du service médical et de trois représentants par organisation syndicale représentative locale, cette commission se réunit pour mener les travaux préparatoires et déterminer les modalités locales de reprise progressive de l’activité, lesquelles ne peuvent en théorie s’étendre au-delà du 31/12/2020.

Ses conclusions sont ensuite transmises pour information aux institutions représentatives du personnel compétentes (notamment le Comité Social Economique CSE).

Une commission de salon avec un dialogue social au ras des pâquerettes

Premier écueil : sur un sujet aussi essentiel que la santé du personnel et alors qu’elle a la possibilité d’ouvrir le dialogue social avec l’ensemble des organisations syndicales présentes en CSE, la direction de Guyancourt choisit une application stricte de l’accord central : seules CFDT, CFE-CGC, SM-TE et SUD sont convoquées. C’est regrettable, d’autant que nous savons que d’autres établissements n’ont pas hésité à convoquer tout le monde.

Ensuite, on peut s’interroger sur l’objectif réel de la commission et du contenu qu’elle présente. Dès la première réunion, les scénarios précis et les chiffres manquent.

Impossible de prendre connaissance de l’impact de la pandémie sur nos sites du TCR et CTA. La direction a les chiffres des salariés malades, des cas suspectés et du nombre de décès, mais elle ne partage rien !

Quant aux projections possibles de reprise suivant les secteurs, c’est le vide ! On en apprend davantage le même jour en réunion d’UET à travers le calendrier prévisionnel découpé en 4 tranches avec les effectifs associés… En fait, il faudra patiemment attendre la 3eme réunion pour voir se dessiner les grandes lignes, alors que tout cela pouvait se construire ensemble.

Enfin, pour vérifier la bonne application des mesures nécessaires à la reprise, des audits préalables seront menés, mais il n’est pas prévu d’associer les élus de cette commission. En clair, la direction sera juge et partie : décider de ses mesures et contrôler leur application.

Les problèmes structurels récurrents de Guyancourt sont des obstacles à la reprise totale

Pour qui fréquente le Technocentre, la queue aux cantines ou la saturation dans les transports ne sont pas des secrets. En temps normal, la direction s’est toujours montrée incapable d’améliorer la gestion de ces sujets principaux, car elle refuse d’y apporter le budget nécessaire.

Augmenter le nombre de courses de cars, créer des lignes ou aménager des arrêts, adapter les horaires ? Ce n’est pas de sa responsabilité, mais celle des transporteurs privés et de la région IDF !

Construire une ou des cantines pour obtenir une offre capacitaire et allouer enfin un vrai confort aux 12 000 salariés présents quotidiennement sur le site ? Ce n’est pas sa priorité, car le personnel peut s’organiser en rotation pour venir se restaurer aux heures creuses !

Avec les mesures de distanciation sociale, ces problèmes majeurs vont devenir insurmontables, même si cela ne sera sans doute pas le cas dès le 11 mai avec le retour de seulement 15% des effectifs. D’autres questions, comme la communication du protocole de nettoyage/désinfection et l’adaptation des effectifs de la société PEI aux secteurs concernés par la reprise, ont été posées en commission et en CSE, mais la direction a rapidement botté en touche.

La ventilation/climatisation des locaux

Le monde scientifique s’active et plusieurs recherches sont menées autour de la prévention. Parmi les études, celle faisant état du risque de contagion par voie aérienne avec les conditionnements d’air dans les avions, les établissements publics, les restaurants, a un impact capital pour le Technocentre…

Notre site possède un système de circulation d’air chaud/froid via des kilomètres de canalisations qui n’ont jamais été nettoyées depuis leur mise en service, soit près de 25 ans.

Les bâtiments ont une majorité de fenêtres fixes, et celles qui peuvent s’ouvrir offrent un entrebâillement qui ne permettra jamais d’assurer un renouvèlement d’air en respect avec la réglementation, en particulier sur les plateaux expérimentaux e-TCR (exemple du plateau BCB) où la densité de postes individuels a augmenté.

Que faut-il prévoir ? Une désinfection ? Le remplacement des fenêtres fixes par des ouvrables pour permettre une aération naturelle ? Faut-il arbitrer le taux de recyclage de l’air pour obtenir toutes les garanties sanitaires ? Les problèmes sont différents entre TCR et CTA. Ces questions posées notamment par SUD ont été évacuées rapidement par la commission.

Le port du masque provoque inconfort et fatigue

Les études sur le port du masque livrent également leur lot de préoccupations. La buée sur les lunettes, la diminution de captation d’oxygène qui entraine essoufflement et fatigue, ne sont pas non plus de petits sujets.

Il est impossible de continuer à travailler normalement, plongé en continu dans un milieu collectif, sans rencontrer des risques pour sa santé. Les élus SUD ont donc demandé l’attribution de temps de pause réguliers. Cette question a été écartée par la commission.

Mais alors que reste-t-il à traiter ?

Est-ce que le portail MTT sera remis en fonctionnement le jour de la reprise ? Pourquoi certains salariés n’ont pas vu leur rémunération maintenue ? Pourquoi une ponction CTI identique pour les semaines de 4 jours ? Quand prendra fin le chômage partiel ? Quel étalement horaire pour les arrivées du personnel au TCR ?

Beaucoup de questions restent sans réponse. Quant à la commission de reprise sanitaire, les élus ne sont pas là pour décider, mais pour valider les conditions que la direction entend déployer pour la reprise d’activité. Alors pourquoi nous y avoir associé ?

Il est toujours aussi inadmissible de voir que les masques mis à disposition par la direction fassent défaut au secteur hospitalier, ou que des jalons et des « projets vitaux » soient prioritaires sur nos vies !

Que vous soyez angoissés, résignés ou en colère, la direction veut vous faire revenir à votre poste ! La solution, c’est le télétravail !

Une certitude : quelque soient les mesures adoptées ou celles qui seront écartées, l’employeur reste tenu par la loi de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L. 4121-1 du Code du travail).

A défaut, il encourt de lourdes sanctions judiciaires, et ce même si le dommage ne s’est pas réalisé. En outre, lorsqu’il ne se sent pas suffisamment protégé, le salarié dispose d’un droit de retrait qui lui permet de quitter à tout moment son poste de travail.

Vous cherchez des informations ? Toutes les réponses à vos questions sont sur notre site sudrenault.org !






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