20 janvier
En 2026, prenons nos affaires en main !
20 janvier
« Cobalt responsable » : une conférence édifiante
9 décembre 2025
Regroupement des Ingénieries Produit Renault/Ampere : un changement de cap nécessaire
16 juin 2025
21 novembre 2024
Un premier débrayage réussi contre le Nouveau contrat social France
14/02/24 - Stop au démantèlement du groupe Renault
21/04/23 - Luca De Meo et le revers de la médaille
14/12/21 - A Renault, rien de (re)nouveau sous le soleil
9/12/21 - Renault condamné pour travail dissimulé
17/09/21 - 2000 nouvelles suppressions d’emplois dans l’Ingénierie/Tertiaire Renault
18/05/21 - Les salariés de l’Ingénierie/Tertiaire Renault seront en grève jeudi 20 mai 2021
30/04/21 - Vive la lutte des travailleurs de la Fonderie de Bretagne
22/02/21 - Ce ne sont pas aux salariés de payer la crise
22/09/20 - Non à la fermeture de Bridgestone
29/05/20 - Suppression de postes et plan d’économies - Communiqué de presse SUD RENAULT
11/02/20 - Vestalia en grève au Technocentre
31/12/19 - Prends l’oseille et tire-toi
6/06/19 - Renault-FCA : l’avenir de centaines de milliers de salariés ne peut pas se jouer au poker
29/05/19 - Fusion Renault-Fiat/Chrysler : communiqué SUD Renault
22/02/19 - Affaire Ghosn : qu’attend la justice française pour agir ?
9/01/19 - Affaire Ghosn : SUD Renault va saisir la justice
22/11/18 - SUD Industrie appelle à participer aux mobilisations des gilets jaunes
19/11/18 - Après l’affaire des faux espions, l’affaire Carlos Ghosn
1/03/18 - Le licenciement d’un prestataire annulé « pour atteinte à la liberté d’expression »
30/01/18 - NAO Renault 2018 : 300 € d’augmentation pour tous !
29/06/17 - GM&S : une catastrophe sociale à mettre au compte du nouveau gouvernement
14/06/17 - AG des actionnaires de Renault : communiqué SUD Renault
12/05/17 - Solidarité avec les salariés de GM&S
11/01/17 - SUD se prononce contre la signature du nouvel accord de compétitivité Renault
12/12/16 - Des salariés de Renault Bursa au Technocentre
25/11/16 - Communiqué SUD Renault suite au décès d’un salarié du Technocentre
11/10/16 - Renault annonce 1000 embauches supplémentaires
27/09/16 - Renault Maubeuge : l’accord de compétitivité 2013 passe au tribunal
17/01/15 - Au Technocentre, le droit d’expression conduit à une mise à pied
16/01/13 - Annonce de 7600 suppressions de postes
24/05/12 - Suicides au Technocentre RENAULT
22/03/12 - Mercredi 21 Mars : Manifestation des salariés
9/02/12 - Inauguration d’une nouvelle usine Renault/Nissan à Tanger : la face apparente de l’iceberg
9/06/11 - Suicides au Technocentre Renault : reconnaissance de l’accident de travail pour Raymond
19/05/11 - Suicide au Technocentre : la justice a tranché
1/04/11 - De l’argent pour nos salaires, pas pour les barbouzes !
15/03/11 - Communiqué du 15/03/2011
10/02/11 - 3.5 milliards d’euros grace aux efforts de tous les salariés
« Cobalt responsable » : une conférence édifiante
Publié le 20 janvier 2026 à 16h00 - Mis à jour le 20 janvier 2026 à 16h00
Comme nous l’avions annoncé, la conférence/débat « Plongée dans une mine de cobalt au Maroc » a eu lieu jeudi 11 décembre dans le local du syndicat SUD Renault/Ampere IDF au Technocentre. Une conférence captivante qui s’est poursuivie par un échange avec les salariés présents dans la salle.
Celia Izoard, journaliste et auteure de « la ruée minière au XXIème siècle », a décrit la situation de la mine de cobalt de Bou Azzer au Maroc illustrée par des photos prises par Benjamin Bergnes.
Une enquête menée dans des conditions difficiles. Leur enquête a eu lieu sur place à l’été 2023, un an après la signature par Renault d’un contrat d’approvisionnement avec la Managem (société minière possédée par le roi du Maroc) pour du cobalt « responsable ». Elle a été publiée en France, en Allemagne et au Maroc.
Bien que rendue difficile par les fortes pressions exercées sur les employés et des cas de répression ciblant les personnes qui voudraient dénoncer la situation sur place, l’enquête a tout d’abord mis en évidence de très mauvaises conditions de travail pour les mineurs avec des silicoses, des cancers et des accidents graves.
Une mise en scène édifiante a même été organisée pour la visite de représentants de Renault, loin des conditions réelles de travail dans la mine et de vie aux alentours.
Captation de l’eau. La mine, qui se situe dans une zone aride, utilise beaucoup d’eau dans ses processus d’extraction et de traitement, et accélère ainsi la baisse du niveau des nappes phréatiques, rendant impossible le maintien des cultures traditionnelles et asséchant les oasis grâce auxquelles essaient de survivre certains habitants dans les villages voisins.
Arsenic. Une grave pollution est générée dans l’air, la terre et l’eau. La mine de cobalt est une ancienne mine d’amiante et produit actuellement de l’arsenic : les processus appliqués pour récupérer le cobalt libèrent et concentrent l’arsenic dans les résidus stockés dans d’immenses bassins à l’air libre, d’où l’eau s’échappe lorsqu’il pleut.
Seuils explosés. Des prélèvements effectués sur place dans de l’eau soi-disant potable ont révélé un taux d’arsenic 40 fois plus élevé que la valeur maximum admise par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) pour de l’eau potable en France et dans l’UE (416 µg/l mesurés contre 10 µg/l maximum selon la loi).
Quant à l’eau de surface près des digues de résidus, où peuvent jouer des enfants et venir boire du bétail, les taux mesurés vont jusqu’à 18,9 mg/l (presque 2 000 fois la valeur maximum pour de l’eau potable).
Population sacrifiée. Les habitants les plus exposés, dont une vingtaine d’enfants, n’ont pas été relogés faute de dédommagements suffisants.
Certifications de complaisance. Managem comme Renault s’abritent derrière des logos ou des noms d’organismes (RMI, NQC, ECOVADIS, IRMA… Voir plus bas), mais aucun audit n’avait été effectué sur place par les organismes cités, et rien n’indiquait que cette mine ait pu être « certifiée ».
La Managem contre-attaque. Pour toute réponse aux problèmes soulevés par l’enquête, la Managem a intenté un procès en diffamation à Celia Izoard et au directeur de publication du media Reporterre.
Renault Group de son côté, se contente pour l’instant de répondre qu’il « fait le nécessaire » et qu’on doit donc le croire sur parole quand il nous dit que ce cobalt est « responsable ».
Le combat continue. Pour SUD, le groupe Renault doit répondre sur les graves faits qui ont été dénoncés, publier les audits conduits dans la mine ainsi que les plans d’action mis en place par ou avec Managem et démontrer dans quelle mesure ils permettent de garantir que les droits humains et environnementaux y sont désormais bien respectés. Tous les mineurs, employés et les sous-traitants, les habitants de Bou Azzer et de Zaouiet Sidi Blal doivent aussi être dédommagés, relogés et pris en charge médicalement.
Le business des organismes de certification
Le groupe Renault comme de nombreuses entreprises dans le monde, font valoir un ensemble de certifications pour prouver leur haut degré de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Ces labels peuvent être le résultat d’audits internes, dans lesquels l’entreprise est à la fois juge et partie, ou fournis par des organismes dits « indépendants », mais qui sont en fait très liés au monde des multinationales et dont les pratiques et l’objectivité sont très discutables.
RMI : Responsible Minerals Initiative (IMR : Initiative pour des Minerais Responsables). RMI est un dispositif de la RBA, la Responsible Business Alliance (Alliance pour des entreprises responsables). Renault Group est l’une des 400 entreprises et associations membres de la RBA qui fournit des audits sur leurs sources d’approvisionnement des minerais. Seules les fonderies, où les minerais sont raffinés, sont auditées et non les mines, et seulement en fonction de deux critères, le travail des enfants et les « minerais de conflit ». Cet audit est non pertinent au Maroc et non applicable à la mine de Bou Azzer.
NQC : Network for Quality Control (Réseau pour le contrôle de la qualité). C’est une société américaine d’évaluation pour les fournisseurs automobiles. Au moyen de ce que l’on appelle des SAQ (« Self Assessment Questionnaires »), NQC aide les entreprises à déterminer, mesurer et gérer leurs objectifs commerciaux et stratégiques. NQC ne réalise aucun audit sur place.
EcoVadis est une plateforme en ligne qui évalue la performance des entreprises en matière de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Ce n’est pas une certification mais un premier niveau de renseignements fourni au donneur d’ordre (exemple : Renault) en fonction de ses propres critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) et des informations trouvées sur internet (« data analyse »). Une entreprise qui obtient à partir de ces informations une note de plus de 50/100 se voit décerner une mention « Ecovadis Silver Sustainability Rating 2020 » avec une médaille en logo, ce qui représente pourtant selon ECOVADIS une note tout à fait moyenne. En théorie Renault ne peut pas dire que son approvisionnement par Managem est « certifié » par ECOVADIS, il doit trouver une autre formulation.
IRMA : Initiative for Responsible Mining Assurance (Initiative pour une assurance minière responsable). La plupart des entreprises minières disent qu’elles s’alignent sur les standards d’IRMA et laissent entendre qu’elles sont certifiées. Mais elles ne sont pas certifiées par IRMA, elles ne font que remplir un dossier de candidature auprès d’IRMA et fournir leurs rapports ESG. Ce qui leur donne le droit d’apparaître dans la base de données d’IRMA en attente d’un audit qui de toute façon prendra des années. IRMA ne publie jamais de démenti quand des entreprises minières laissent entendre de façon mensongère qu’elles sont labellisées.
Ou encore...
FCA : Fair Cobalt Alliance (Alliance pour le cobalt équitable). C’est un organisme créé en 2020 par les entreprises (Google, Tesla, Fairphone) qui donnent chaque année quelques milliers d’euros à des familles de mineurs de cobalt artisanaux en République Démocratique du Congo (RDC) pour améliorer leurs conditions de vie. Toute entreprise peut en devenir membre en versant son obole, aucune n’est refusée pour ses violations de droits humains par ailleurs, même Glencore, qui est membre. Aucun rapport avec les conditions d’exercice de la mine de Bou Azzer.
SRK : Steffen Robertson Kirsten, du nom des 3 fondateurs de SRK en 1974 en Afrique du SUD. SRK vend des services de conseil spécialisés en géologie, ressources et exploration, géotechnique, gestion des déchets miniers, environnement, gestion de l’eau, exploitation minière et évaluation de projets. SRK est impliqué dans les pires scandales de faux audits comme l’affaire Uramin, acheté 3 milliards d’euros par Areva en 2007 et qui a conduit à la faillite d’Areva. SRK avait certifié les gisements d’uranium de Centrafrique et d’Afrique du Sud qui en fait ne valaient rien, sans y être jamais allé.
Pour aller plus loin...
Articles parus en juillet 2023 :
- Mines au Maroc : la sinistre réalité du « cobalt responsable »
- Au Maroc, une mine de cobalt empoisonne les oasis
Novembre 2023 :
- BMW et Renault impliqués dans un scandale écologique au Maroc
- Les voitures électriques assoiffent les pays du Sud
- Scandale du cobalt marocain : lancement d’une enquête sur BMW
Août 2024 :




