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Mobilisation réussie à VSF

Publié le 11 juin 2026 à 10h53 - Mis à jour le 11 juin 2026 à 12h49

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Une première étape. Mercredi 10 juin, 70 salariés de VSF se sont rassemblés dès 9h pour protester contre la fermeture du site. Plusieurs dizaines ont ensuite pénétré dans la salle où se réunissait le CSE. Ils étaient plus de 160 le midi à l’appel notamment de SUD et de la CGT.


Depuis l’annonce de la fermeture du site par la direction de Renault lors des Comités Sociaux et Économiques (CSE) du 28 mai 2026, les quelques 800 salariés Renault et prestataires de Villiers-Saint-Frédéric sont sous le choc. L’annonce brutale de la direction, qui prévoit le transfert des équipements industriels dès ce mois de juin et celui des salariés vers les sites du Technocentre, de Lardy et d’Aubevoye à partir d‘octobre 2026, ne passe pas.

Mercredi 10 juin, la direction avait programmé un nouveau CSE pour consulter les élus du personnel sur cette fermeture, une obligation légale qui n’est que consultative, mais qui permet à la direction de déclencher la mise en oeuvre de la fermeture du site et des transferts. Ce CSE se tenait sur le site de VSF de 10h à 12h.

Malgré les mises en garde d’élus de la CFE-CGC, qui leur déconseillaient toute initiative, 70 salariés de VSF se sont retrouvés à partir de 9h devant le bâtiment où se tenait le CSE, aux côtés de militants de SUD et de la CGT du Technocentre.

Plusieurs dizaines de salariés, revêtus de maillots blancs marqués « Renault VSF 1965-2026 On en a gros », ont ensuite pénétré tranquillement dans la salle de réunion du CSE et se sont alignés le long des murs de la salle en silence pour protester contre la fermeture.

La direction a refusé de leur laisser la parole malgré les protestations des élus SUD et CGT du CSE et leur a demandé de quitter la salle. Ils sont ressortis sans protester, toujours très calmes mais déterminés.

La mobilisation relancée

La réunion du CSE s’est poursuivie par la mise au vote d’une expertise sur l’impact de la fermeture du site de VSF sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des salariés. Cette demande était portée par les élus SUD, CGT et SM-TE [1].

Préalablement au CSE, le syndicat SUD avait invité l’ensemble des organisations syndicales pour discuter de cette expertise. Mais la CFE-CGC et la CFDT n’avaient pas répondu à notre sollicitation.

C’est donc sans surprise que l’ensemble des élus CFDT et CFE-CGC ont voté contre le recours à un expert (27 contre, 6 pour). Cette expertise avait pourtant pour but d’aider les élus CSE à rendre leur avis et aurait permis de repousser la consultation du CSE de deux mois, donnant plus de temps aux salariés pour mieux s’organiser et se défendre. Selon ces deux syndicats, une expertise aurait repoussé des négociations sur les conditions de transfert des salariés « au détriment » de ceux-ci. Sont-ils si pressés que les transferts débutent et que le site ferme ?

Le CSE s’est terminé vers midi par un vote sur la fermeture du site et la « relocalisation » des activités et des salariés, où l’ensemble des élus a rendu un avis défavorable.

À la sortie du CSE, les salariés de VSF étaient encore plus nombreux que le matin, soit environ 160. Tout le monde s’est rendu à l’accueil du site où les attendaient des délégations d’élus CGT du Technocentre, de Lardy, de Flins, de Cléon et une journaliste du Parisien. S’en sont suivies des prises de parole et de photo avec la banderole « Non à fermeture de Renault Villiers-Saint-Frédéric » bien en évidence.

Les élus de la CFE-CGC et de la CFDT qui avaient appelé les salariés à se rassembler à 13h devant le bâtiment H5 pour qu’ils puissent « exprimer leur soutien à leurs actions » se sont retrouvés bien seuls. Ils ont rappliqué en vitesse devant l’entrée du site avec leurs drapeaux et leurs chasubles bien en évidence pour y prendre la parole, mais sans susciter le moindre applaudissement.

Cette journée de mobilisation a marqué un grand pas dans la prise de conscience et de confiance des salariés dans leurs capacités d’action. C’est une première étape qui appelle d’autres mobilisations et initiatives, notamment à l’occasion des négociations qui doivent commencer sous peu sur les conditions de transfert des salariés.

Que ce soit pour dire non à la fermeture de VSF ou pour obtenir de meilleures conditions de transfert, ce sera collectivement que les salariés pourront faire reculer la direction et faire en sorte qu’elle réponde à leurs questions et revendications.

D’ores et déjà, les salariés de VSF réclament, à juste titre, que ces négociations se tiennent sur le site de Villiers-Saint-Frédéric. A suivre…


 

Notes

[1Résolution - Recours à un expert (article L2315-94-2 du Code du travail)

Une procédure d’information-consultation de la délégation du personnel au Comité Social et Économique (CSE) sur un projet de relocalisation des activités, moyens et équipes de Villiers-Saint-Frédéric a été introduite par la Direction le 28 mai 2026, conformément à l’article L2312-8 du code du travail.

Dès cette date, la délégation du personnel au CSE a constaté l’importance particulière de ce projet qui modifie de façon significative les tâches, l’organisation du travail et donc en profondeur les situations de travail, avec de possibles répercussions sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels concernés.

Exposé des différents impacts potentiels du projet sur la santé, la sécurité et les conditions de Travail

  • Un impact notable sur les temps de trajet pour 246 salariés :
    • 41 salariés mutés à Aubevoye et 26 à Lardy (2 sites situés à 70 kms de VSF) et 380 à Guyancourt (à 20 km de VSF)
  • Des impacts sur les postes de travail :
    • A VSF, les salariés ont un poste de travail nominatif. Au TCR, ils vont passer sur des bureaux partagés
    • Hausse du taux d’occupation des locaux au TCR, Lardy et Aubevoye,
    • Changement d’implantation, plus la même proximité avec les collègues VU
    • Changement d’environnement de travail
    • Cohabitation avec les salariés déjà présents sur les sites
    • Éclatement du collectif de travail de VSF, les salariés de VSF sont dispersés sur 3 sites et mélangés à d’autre salariés
  • Des impacts sur les modalités de coopération avec les prestataires :
    • Impact sur les prestataires qui travaillent à VSF, dont 70 dans les services aux résidents (cantine, logistique, sécurité, maintenance…) et 260 dans les métiers de l’automobile ?
  • Services aux résidents :
    • Changement d’environnement
    • Nouvelles conditions de restauration, hausse des prix au TCR par rapport à VSF
    • Changement d’échelle avec l’arrivée au TCR plus grand que VSF
    • Trouver un parking proche de son bureau ou atelier
  • Transfert des moyens d’essai de VSF au TCR, Lardy, Aubevoye et Le Mans qui risquent d’impacter significativement les modalités de fonctionnement et de coopération entre les services :
  • Des impacts sur les horaires de travail avec par exemple et à titre non exhaustif le passage en Horaire Variable des salariés non-cadres de VSF mutés à Guyancourt
  • Des impacts sur la charge de travail et des risques de sur/sous charge notamment pour les fonctions support (informatique/Finance/RH/achats ou encore sécurité)
  • Les risques de dysfonctionnements, le stress et la souffrance au travail induits,
  • Les risques de mise en situation d’échec, le stress et la souffrance au travail induits,
  • Les impacts sur la reconnaissance, l’évaluation des salariés, les critères d’évaluation...
  • L’impact de la réorganisation sur les perspectives de carrière et d’évolution,
  • Les difficultés spécifiques à la période de transition et d’adaptation, la gestion de la période de transition, l’acquisition des compétences, la charge de travail, les dysfonctionnements, les RPS...
  • Les risques psychosociaux, le stress, la souffrance au travail générés par le projet,
  • Les risques psychosociaux induits par les craintes générées par la multiplication des réorganisations dans l’entreprise depuis plusieurs années.

La délégation du personnel rappelle que selon les articles L2312-5 al. 2° et L2312-9 du Code du Travail :

  • « Elle contribue à promouvoir la santé, la sécurité et l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise et réalise des enquêtes en matière d’accidents du travail ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel. » (art. L2312-5 al. 2°)
  • « Dans le champ de la santé, de la sécurité et des conditions de travail, le comité social et économique :
    • 1) Procède à l’analyse des risques professionnels auxquels peuvent être exposés les travailleurs, notamment les femmes enceintes, ainsi que des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels mentionnés à l’article L. 4161-1 ;
    • 2) Contribue notamment à faciliter l’accès des femmes à tous les emplois, à la résolution des problèmes liés à la maternité, l’adaptation et à l’aménagement des postes de travail afin de faciliter l’accès et le maintien des personnes handicapées à tous les emplois au cours de leur vie professionnelle ;
    • 3) Peut susciter toute initiative qu’il estime utile et proposer notamment des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes définis à l’article L. 1142-2-1. Le refus de l’employeur est motivé. » (art. L2312-9)

Pour remplir au mieux ces missions et comme le lui permet l’article L. 2315-94-2 du Code du travail, la délégation du personnel au CSE, pour être aidée à exprimer un avis éclairé sur ce projet important, a décidé de bénéficier de l’appui d’un expert.


 


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